Article · Économie de la santé · Démographie · 2018 · Partie 3/3

Les causes inflationnistes des coûts du système de santé

Septembre 2018 · 12 pages · Français

Série : Le système de santé français (2018)

« C'est bien ce courant progressiste — ce refus de la mort face auquel la toute-puissance technologique est déployée — qui explique en partie l'inflation des coûts du système de santé. Le progressisme nous épargne cette question pénible : c'est quoi le "mieux" pour le bien commun ? »

Contenu de l'article

1 · Le progressisme technologique comme moteur d'inflation

Analyse du biais progressiste dans notre rapport à la santé : confusion entre progrès et changement, primat de la technologie sur l'économie, refus collectif de la mort. Le cas du Sofosbuvir™ (SOVALDI/Gilead, 75 000 $/traitement aux USA, 300 $ en Inde) illustre la dissociation entre coût de fabrication et solvabilité des autorités sanitaires comme base de pricing.

2 · L'économie politique du médicament innovant

Reconstruction de l'histoire du Sofosbuvir™ — financements NIH, équipes allemande et canadienne, acquisition de Pharmassets Inc pour 11,2 Md$ par Gilead — pour illustrer la "capture" de la valeur produite par la recherche publique. Plaide pour un modèle partenarial public/pharma à objectif de santé publique (type "éradication de l'hépatite C") avec royalties, alternatif au modèle brevet/prix discrétionnaire.

3 · Les pressions socio-démographiques

Quantification des charges futures : Alzheimer (40→135M de cas entre 2015 et 2050), doublement de la population dépendante d'ici 2080 (DREES), augmentation des cancers (+70% sur 20 ans), syndrome métabolique comme épidémie mondiale. Coût du diabète en France en 2014 : 10 Md€ dont 7,7 Md€ pour les complications — 15% de l'Assurance Maladie. La soutenabilité intergénérationnelle comme question structurelle à l'horizon 2040-2050.

Pourquoi cet article, maintenant ?

Article fondateur pour PREDICARE : il documente point par point les pathologies dont TweenMe vise à anticiper la survenue (syndrome métabolique, cancers, maladies dégénératives) et chiffre l'enjeu économique. La critique du progressisme technologique rejoint directement la thèse de la médecine prédictive : intervenir en amont, réduire les coûts par la prévention, non par l'escalade thérapeutique.

Le diagnostic posé ici.
La réponse opérationnelle aujourd'hui.