Article · Économie de la santé · 2018 · Partie 2/3
Septembre 2018 · 7 pages · Français
Série : Le système de santé français (2018)
1 · La santé comme bien "supérieur"
Analyse économique de la demande de santé : élasticité-revenu positive, croissance des dépenses supérieure à celle du PIB à l'échelle individuelle comme nationale. Référence aux travaux de Kenneth Arrow (Nobel 1972) sur l'incertitude et l'économie du bien-être en santé — la santé ne relève pas du marché libre classique et nécessite une régulation spécifique.
2 · Les modèles Bismarck et Beveridge
Comparatif des deux modèles historiques de protection sociale : le modèle assurantiel (Bismarck, 1883) — protection liée au travail, cotisations proportionnelles aux salaires — et le modèle assistanciel (Beveridge, 1942) — universalité, uniformité, financement par l'impôt. Déclinaison en trois types d'État-providence selon Esping-Andersen : social-démocrate (Nordiques), corporatiste-conservateur (France, Allemagne), libéral (USA).
3 · L'aparté américain
Contre-exemple instructif : le modèle libéral américain absorbe 18% du PIB pour des résultats inférieurs aux pays de l'OCDE, avec 15% de la population sans couverture. Les coûts de gestion du secteur privé sont 5 à 6 fois supérieurs aux programmes fédéraux. Medicaid et Medicare en tant que filets de sécurité résiduels, avec leurs franchises, plafonds et zones sans remboursement.
Cette partie fournit le cadre théorique — économique et philosophique — qui manque dans la plupart des débats publics sur la santé. La distinction entre bien supérieur, bien public et bien de marché, et la référence à Arrow sont des outils analytiques indispensables pour comprendre pourquoi aucune réforme purement comptable ne peut résoudre le problème de soutenabilité du système.